La trottinette électrique s’est imposée en quelques années comme un mode de déplacement urbain à part entière. Mais rouler en toute légalité suppose de connaître un cadre juridique précis. Ce cadre découle principalement du décret n° 2019-1082 du 23 octobre 2019, qui a créé la catégorie des EDPM (engins de déplacement personnel motorisés) au sein du Code de la route. Voici, point par point, ce qu’il faut savoir pour rouler en règle en 2026.
Statut juridique des edpm et conditions d’accès à la route
Depuis 2019, la trottinette électrique n’est plus considérée comme un jouet. Elle est classée juridiquement parmi les EDPM, une catégorie qui regroupe aussi les hoverboards, gyropodes et monoroues électriques.
Ce statut lui confère un cadre réglementaire propre, distinct de celui des cyclomoteurs et des vélos, mais tout aussi contraignant sur certains points.
L’âge minimum requis et l’interdiction du transport de passagers
Depuis le 1er septembre 2023, l’âge minimum pour conduire une trottinette électrique est fixé à 14 ans, contre 12 ans auparavant. Aucun permis de conduire n’est exigé, quel que soit l’âge du conducteur.
Autre règle intangible : la trottinette est conçue pour un usage strictement individuel. Peut-on transporter un ami sur un trajet très court ? La réponse est non. Cette pratique expose à une amende pouvant atteindre 135 € (contravention de 4e classe).
Où circuler en ville et hors agglomération
En agglomération, la règle est claire. Concrètement, les conducteurs d’EDPM doivent obligatoirement emprunter les pistes et bandes cyclables lorsqu’elles existent, y compris celles signalées comme « voies conseillées aux cyclistes ».
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En l’absence d’aménagement cyclable, la circulation sur la chaussée reste autorisée, mais uniquement sur les voies limitées à 50 km/h maximum.
Hors agglomération, la trottinette électrique ne peut en principe pas circuler sur la route, sauf dérogation préfectorale expresse. Sur les axes limités à plus de 50 km/h (70, 80 ou 90 km/h), la circulation est strictement interdite.
Et sur les trottoirs ? La circulation y est interdite dans la quasi-totalité des cas, sauf dérogation locale expresse.
- Dans les zones piétonnes, rouler n’est permis que si une signalisation le prévoit explicitement
- L’allure doit alors être limitée au pas, soit environ 6 km/h
- Sans panneau d’autorisation, l’utilisateur doit descendre de sa trottinette et la tenir à la main
- Circuler sur un trottoir sans autorisation expose à une amende pouvant atteindre 135 €
Les règles de circulation et les interdictions à respecter au guidon
Au-delà des zones de circulation, le Code de la route impose aux utilisateurs d’EDPM un ensemble de comportements obligatoires, comparables sur bien des points à ceux des cyclistes : feux tricolores, signalisation routière, priorités, sens de circulation.
Les limitations de vitesse et l’interdiction du débridage
La vitesse est plafonnée par construction à 25 km/h sur la voie publique. Une trottinette qui dépasse cette limite est considérée comme un véhicule motorisé à part entière, assimilable à un cyclomoteur.
Elle ne peut alors circuler légalement sans homologation, immatriculation, assurance spécifique et équipements adaptés. Dans les zones piétonnes et espaces partagés où la circulation est tolérée, la vitesse est réduite à l’allure du pas, soit 6 km/h.
Faut-il céder à la tentation du débridage pour aller plus vite ? Surtout pas. Cette pratique constitue une infraction et engage la responsabilité du conducteur en cas d’accident, l’assurance pouvant refuser sa garantie sur un engin modifié.
Téléphone, écouteurs et conduite sous influence : ce qui est proscrit
Comme au volant d’une voiture, l’usage d’un téléphone tenu en main est interdit en conduisant une trottinette électrique. Le port d’écouteurs, ou de tout dispositif susceptible d’émettre du son, est également prohibé.
Ces équipements réduisent en effet la vigilance et la perception de l’environnement sonore. Par ailleurs, la conduite sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants est proscrite et soumise aux mêmes contrôles et sanctions que pour tout autre usager de la route.
Équipements obligatoires et mesures de sécurité
La réglementation impose un socle d’équipements techniques destinés à garantir la visibilité et la sécurité du conducteur, en particulier lors des déplacements nocturnes.
Les dispositifs indispensables sur l’engin et la visibilité de nuit
Toute trottinette électrique circulant sur la voie publique doit être équipée de feux avant et arrière, de dispositifs réfléchissants (catadioptres) et d’un système de freinage efficace. Un avertisseur sonore, sonnette ou klaxon, est également requis pour signaler sa présence.
De nuit ou en cas de visibilité réduite (pluie, brouillard, tunnel), le port d’un gilet rétroréfléchissant est obligatoire, quelle que soit la zone de circulation empruntée. Cela vous permet de rester visible face aux autres usagers de la route, même dans les conditions les plus difficiles.

Il est également recommandé de vérifier régulièrement l’état des pneus, des freins et de l’éclairage pour garantir la fiabilité de l’engin.
Le port du casque : que dit la loi ?
Au niveau national, le port du casque n’est pas obligatoire pour circuler en agglomération, même s’il reste fortement recommandé compte tenu du risque de chute. Mais attention : certaines collectivités ont adopté des règles plus strictes.
| Territoire | Règle applicable |
|---|---|
| Vaucluse | Casque attaché obligatoire depuis juillet 2026 (ville et hors agglomération), amende de 35 € |
| Alpes-Maritimes | Arrêtés locaux renforcés |
| Nice, Vence, Bourg-lès-Valence | Port du casque obligatoire par arrêté municipal |
Avant de circuler dans une nouvelle ville, mieux vaut donc se renseigner sur les arrêtés locaux en vigueur. Au-delà du casque, le port de gants et de vêtements couvrants est recommandé pour limiter les blessures en cas de chute, particulièrement sur chaussée.
Assurances, stationnement et sanctions en cas d’infraction
Le dernier volet de la réglementation concerne les obligations administratives et les conséquences financières du non-respect des règles.
L’assurance responsabilité civile, une obligation incontournable
Depuis le décret du 23 octobre 2019, toute trottinette électrique circulant sur la voie publique doit être couverte par une assurance responsabilité civile. Celle-ci prend en charge les dommages corporels et matériels causés à des tiers en cas d’accident.
Cela vous permet d’être protégé financièrement en cas d’accident impliquant un tiers, une situation plus fréquente qu’on ne le pense en ville. Certains contrats d’assurance habitation intègrent d’ailleurs automatiquement une garantie EDPM.
Analyse en perspective : Garer sa voiture sur un trottoir : que dit la loi en matière d’amendes ?
Avant de souscrire une couverture spécifique, disponible en général à partir de quelques euros par mois, il est donc conseillé de vérifier son contrat existant. Circuler sans assurance constitue un délit pouvant être sanctionné par une amende allant jusqu’à 3 750 €.
Stationnement et barème des amendes
Le stationnement anarchique des trottinettes électriques est interdit et sanctionné dans de nombreuses villes, en particulier sur les trottoirs et à des emplacements gênant la circulation des piétons ou des personnes à mobilité réduite. Un stationnement gênant peut entraîner une amende et, dans certains cas, la mise en fourrière de l’engin.
Voici un récapitulatif des principales sanctions encourues :
| Infraction | Montant de l’amende |
|---|---|
| Circulation sur trottoir, transport d’un passager, non-respect des zones de circulation | Jusqu’à 135 € |
| Infractions les plus graves | Jusqu’à 1 500 € |
| Défaut d’assurance | Jusqu’à 3 750 €, avec possible confiscation de l’engin |


