Trouver une place en ville relève parfois du parcours du combattant, et la tentation de grimper sur le trottoir pour « quelques minutes » est une réalité pour beaucoup de conducteurs. Pourtant, je vous assure que cette habitude, aussi banale semble-t-elle, est lourdement sanctionnée par la loi française. Depuis la réforme du Code de la route, garer ses quatre roues sur un espace réservé aux piétons n’est plus une simple incivilité, mais une infraction qualifiée de « très gênante ». Cette sévérité accrue vise à protéger les usagers les plus vulnérables et à désengager les centres-villes des voitures envahissantes.
Quel est le montant de l’amende pour un stationnement sur trottoir ?
Il est fini le temps où le stationnement sur trottoir coûtait le prix d’un simple ticket de parking. Aujourd’hui, la loi place cette infraction dans le haut du barème des contraventions liées au stationnement.
Le forfait de l’amende forfaitaire pour stationnement très gênant
Depuis 2015, le stationnement sur trottoir est régi par une contravention de 4ème classe. Je vous précise que le montant forfaitaire de cette amende s’élève à 135 euros. Contrairement aux infractions de stationnement plus légères (comme le stationnement gênant à 35 euros), ici, la loi ne plaisante pas. Dès lors qu’une roue ou une partie de la carrosserie empiète sur le cheminement des piétons, les agents de police ou les ASVP sont en droit de verbaliser. C’est un forfait fixe qui s’applique que vous soyez là pour deux minutes ou pour deux heures.
Amende minorée et majorée : les délais de paiement à respecter
La rapidité de votre réaction face au PV va déterminer la somme finale que vous devrez débourser. Malheureusement, pour cette classe d’infraction, il n’existe pas de minoration (le tarif de 135 euros ne baisse pas si vous payez immédiatement). En revanche, l’amende peut être majorée à 375 euros si vous ne réglez pas la note dans les 45 jours suivant l’envoi de l’avis de contravention (ou 60 jours en cas de paiement électronique). Je vous conseille donc de ne pas laisser traîner ce document au fond d’un tiroir.
Permis en péril : pourquoi un simple SMS peut provoquer une suspension immédiate ?
Existe-t-il un retrait de points sur le permis de conduire ?
C’est une question que vous me posez souvent : vais-je perdre des points ? Je vous rassure sur ce point précis : le stationnement sur trottoir, bien que coûteux, n’entraîne aucun retrait de points sur votre permis de conduire. Il s’agit d’une sanction purement financière et administrative. Votre capital de points reste intact, à condition bien sûr que l’infraction ne soit pas couplée à un autre délit routier constaté au même moment.
Les sanctions complémentaires et risques de mise en fourrière
L’amende de 135 euros n’est parfois que la partie émergée de l’iceberg. Le véritable cauchemar pour un automobiliste commence lorsque le véhicule disparaît de l’endroit où il était garé.
L’immobilisation du véhicule et l’enlèvement par la fourrière
Parce que votre véhicule bloque le passage, il représente un danger ou une gêne immédiate. Les forces de l’ordre ont donc le pouvoir de requérir la fourrière. Je vous garantis que l’enlèvement peut être ordonné immédiatement après la rédaction du procès-verbal. Si vous arrivez pendant que la dépanneuse installe le matériel, vous pouvez encore récupérer votre voiture, mais vous devrez régler les frais d’opérations préalables. Si les quatre roues ont quitté le sol, le véhicule part directement au parc clôturé.

Frais de garde et de remorquage : l’addition qui s’alourdit
C’est ici que l’aspect financier devient critique. En plus de l’amende initiale, vous devrez vous acquitter de frais spécifiques qui varient selon les villes, mais qui suivent généralement ce barème :
- Frais d’enlèvement : Environ 121 € à 150 € (selon la zone géographique, plus cher à Paris).
- Frais de garde journalière : Entre 6 € et 29 € par jour entamé.
- Frais d’expertise : Si le véhicule reste plus de trois jours. Au total, une simple erreur de stationnement peut vous coûter plus de 300 euros en une seule journée.
Cas particulier : le stationnement abusif et la durée maximale autorisée
Ne confondez pas le stationnement très gênant avec le stationnement abusif. On parle de stationnement abusif lorsque vous laissez votre véhicule au même endroit sur la voie publique pendant plus de 7 jours (ou moins selon les arrêtés municipaux). Si vous êtes sur un trottoir, la sanction est immédiate car c’est un stationnement « très gênant », mais si vous combinez cela avec une durée excessive, le risque de mise en fourrière est multiplié par deux.
Pourquoi le stationnement sur trottoir est-il considéré comme très gênant ?
Pour comprendre la sévérité de la loi, il faut se placer du côté de ceux qui utilisent le trottoir quotidiennement. Ce qui vous semble être un espace libre est en réalité une voie de circulation vitale.
Code de la route : l’article R417-11 et la protection des piétons
C’est l’article R417-11 du Code de la route qui fait foi. Il stipule clairement que le stationnement ou l’arrêt sur un trottoir est considéré comme « très gênant pour la circulation publique ». Je souligne que la loi ne fait aucune distinction entre l’arrêt (moteur tournant) et le stationnement. L’idée est de sanctuariser l’espace piéton. Le trottoir appartient aux marcheurs, point final. En occupant cet espace, vous forcez les gens à descendre sur la chaussée, les exposant ainsi aux flux de voitures.
La circulation des personnes à mobilité réduite (PMR) et des poussettes
C’est le cœur du problème. Une voiture garée sur le trottoir, même s’il reste « un peu de place », peut bloquer totalement un fauteuil roulant ou une poussette double. Je vous invite à imaginer une personne aveugle ou malvoyante qui rencontre votre pare-chocs au milieu de son chemin habituel. En obstruant le passage, vous créez une rupture d’accessibilité qui peut s’avérer dangereuse. C’est pour protéger cette liberté de circuler sans entrave que le législateur a durci les tons.
Distinction entre arrêt court et stationnement prolongé sur l’espace public
Il est important que vous sachiez que, légalement, la « dépose-minute » sur un trottoir n’existe pas. Que vous vous arrêtiez pour acheter du pain ou pour décharger des courses, l’infraction est constituée dès l’instant où le véhicule s’immobilise. Les agents n’ont pas à attendre que vous partiez pour verbaliser. La seule exception concerne les véhicules de secours ou certains services publics en intervention d’urgence.
Conduire au bout du monde : le mode d’emploi pour valider votre permis à l’étranger.
Exceptions et tolérances locales en matière de stationnement
Malgré la rigueur du Code de la route, il arrive que certaines configurations urbaines permettent quelques souplesses, à condition qu’elles soient explicitement signalées.
Marquages au sol et panneaux autorisant partiellement le chevauchement
Dans certaines rues étroites, la mairie peut décider d’autoriser le stationnement « à cheval » sur le trottoir. Pour que cela soit légal, vous devez impérativement voir un marquage au sol spécifique (lignes blanches délimitant la place) ou un panneau signalétique indiquant que le stationnement est autorisé de cette manière. Sans ces indices visuels, le Code de la route reprend ses droits et l’interdiction totale s’applique.
Le pouvoir de police du maire : des règles qui peuvent varier selon la ville
Le maire dispose du pouvoir de police municipale pour adapter les règles de circulation. Il peut, par arrêté, interdire ou autoriser certaines pratiques. Toutefois, je vous mets en garde : un maire peut être plus sévère que le Code de la route, mais rarement plus laxiste sur la sécurité des piétons. Vérifiez toujours les panneaux à l’entrée des zones urbaines ou près des mairies pour connaître les spécificités locales, notamment lors des jours de marché ou d’événements.
Motos et deux-roues : quelle est la réglementation spécifique sur le trottoir ?
C’est une zone grise dans l’esprit de beaucoup, mais la loi est limpide : les motos et scooters n’ont pas le droit de stationner sur le trottoir. Bien qu’une certaine tolérance ait existé par le passé, de nombreuses villes comme Paris verbalisent désormais systématiquement les deux-roues motorisés. Ils doivent utiliser les places dédiées.
- Vélos et trottinettes : Tolérés si le passage reste libre (1,40m minimum généralement).
- Motos/Scooters : 135 € d’amende et risque de fourrière.
- Véhicules légers : Interdiction stricte sauf marquage spécifique.
Comment contester un PV de stationnement sur trottoir ?
Si vous estimez que la verbalisation est injustifiée, vous avez le droit de contester. Mais attention, la procédure est cadrée et ne supporte pas l’amateurisme.
Les motifs de contestation valables : erreur de plaque ou signalisation absente
Pour que votre requête ait une chance d’aboutir, je vous suggère de vous baser sur des faits prouvables. Une erreur sur le numéro de la plaque d’immatriculation, sur l’adresse exacte de l’infraction (par exemple, si l’adresse indiquée n’a pas de trottoir) ou encore une signalisation contradictoire sont des motifs solides. Prenez des photos immédiatement : une image de votre voiture montrant qu’elle ne touche pas le trottoir ou une photo de la signalisation autorisant le stationnement à cet endroit sera votre meilleure alliée.

Procédure en ligne sur le site de l’ANTAI : étapes et documents requis
La contestation se fait désormais de manière totalement dématérialisée sur le site de l’ANTAI. Vous ne devez pas payer l’amende si vous contestez (payer équivaut à reconnaître l’infraction), mais vous devrez parfois verser une « consignation » du montant de l’amende.
- Connectez-vous avec votre numéro d’avis.
- Rédigez un argumentaire clair et factuel (évitez l’émotionnel).
- Téléchargez vos preuves (photos, témoignages, plans de cadastre). Vous recevrez ensuite un accusé de réception et votre dossier sera étudié par un Officier du Ministère Public (OMP).
Les risques d’une contestation abusive ou sans fondement juridique
Je vous déconseille de contester « pour le principe » ou avec des arguments vagues comme « je ne gênais personne ». Si l’OMP rejette votre contestation et que vous persistez devant le tribunal de police, vous risquez de voir votre amende augmenter significativement. Le juge peut porter l’amende jusqu’à 450 euros s’il estime que votre contestation était infondée et n’avait pour but que de retarder le paiement. Soyez donc certain de votre bon droit avant de lancer la procédure.
| Type de sanction | Montant / Effet | Condition |
|---|---|---|
| Amende Forfaitaire | 135 € | Payable sous 45 jours |
| Amende Majorée | 375 € | Si retard de paiement |
| Points Permis | 0 point | Toujours (pas de retrait) |
| Fourrière | ~150 € + Garde | Si gêne caractérisée |
En respectant ces quelques règles et en gardant à l’esprit que le trottoir est un sanctuaire pour les piétons, vous éviterez des tracas administratifs et financiers inutiles. Mieux vaut marcher quelques minutes de plus depuis une place légale que de risquer une amende qui gâchera votre journée.


