Pendant plus d’un siècle, le nom de Genève a résonné comme une promesse dans l’univers automobile mondial. Chaque printemps, constructeurs, journalistes et passionnés convergeaient vers la ville suisse pour découvrir les modèles qui allaient définir l’année à venir. J’ai suivi l’évolution de cette institution automobile qui a traversé deux guerres mondiales, des crises économiques et finalement une pandémie qui lui sera fatale. Aujourd’hui, je vous propose de retracer le parcours exceptionnel de ce salon légendaire.
De l’histoire à l’arrêt : le parcours du salon de Genève
1905-2019 : l’âge d’or et les moments marquants
La première édition du salon genevois ouvre ses portes le 29 avril 1905 dans le Bâtiment électoral. À cette époque, l’automobile reste une curiosité réservée à une élite fortunée.
Charles Louis Empeyta, président de l’Automobile Club Suisse, dirige ce premier événement qui rassemble 59 exposants et attire plus de 17 000 visiteurs. Le succès est immédiat. La Confédération suisse marque son intérêt en dépêchant le Conseiller fédéral Ludwig Forrer à l’inauguration.
L’année suivante, Genève réitère l’expérience avec une deuxième édition tout aussi réussie. Cependant, la troisième édition se déroule à Zurich en 1907. Les difficultés économiques précédant la Grande Guerre interrompent ensuite l’événement pendant seize longues années.
Le véritable tournant survient en 1924. Le 14 mars, le premier salon international de l’automobile, de la moto et du cycle prend vie à Genève.
L’affluence dépasse toutes les attentes avec 200 exposants et 68 000 visiteurs. L’engouement est tel qu’il faut construire un bâtiment provisoire de 8 000 m² sur la plaine de Plainpalais. Les organisateurs installent même un tapis roulant emprunté à un forain pour relier les deux espaces d’exposition.
Cette édition marque tellement les esprits que le nombre de véhicules à moteur en Suisse bondit de 33 000 à 39 000 en une seule année. Impressionnant, non ?
Au fil des décennies, Genève forge sa réputation unique dans le paysage des salons automobiles. Contrairement aux salons nationaux de Paris, Francfort ou Turin, le salon suisse cultive une neutralité absolue.
Cela vous permet de découvrir toutes les marques sur un pied d’égalité. Aucun constructeur n’est favorisé, aucune marque n’est mise en avant au détriment d’une autre. Cette impartialité devient sa signature et attire les constructeurs du monde entier.
Les années 1930 consacrent Genève comme le rendez-vous prestigieux de l’automobile de luxe. Rolls-Royce, Bugatti, Duesenberg, Bentley, Maybach et Jaguar participent régulièrement aux éditions.
En 1934, victime de son propre succès, le salon doit refuser des participants pour la première fois. L’organisation mobilise près de 3 000 personnes pour gérer les dix jours de manifestation. Des personnalités comme le Roi du Siam ou le Roi d’Espagne honorent l’événement de leur présence.
La Seconde Guerre mondiale impose une nouvelle interruption, mais le salon genevois prouve sa résilience. En 1947, il devient la première manifestation automobile à rouvrir ses portes après le conflit.
Le succès est considérable avec 305 exposants occupant 9 608 m² d’espace. Cette reprise marque le début d’une croissance qui semble sans limite.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes et témoignent d’une progression spectaculaire :
- En 1948, le salon franchit la barre des 200 000 visiteurs
- En 1960, celle des 300 000
- En 1967, il atteint le demi-million
- Cette progression témoigne de la démocratisation de l’automobile
Les années 1960 et 1970 apportent leur lot d’innovations. À cette époque, les constructeurs organisent des défilés à travers Genève, du Quai du Mont-Blanc jusqu’à Plainpalais.
Concrètement, les visiteurs peuvent même essayer les voitures sur des routes fermées pour l’occasion, notamment à Cologny. Cette proximité avec le public renforce l’attractivité du salon et crée une atmosphère festive dans toute la ville.
En 1982, le salon déménage vers Palexpo, un nouveau centre d’expositions et de congrès inauguré en décembre 1981, situé à proximité de l’aéroport international. Ce changement de lieu s’accompagne d’un nouveau record d’affluence avec plus de 580 000 visiteurs.
L’infrastructure moderne permet au salon de se développer encore davantage. En 1987, l’ouverture de la gare ferroviaire de l’aéroport facilite l’accès au site. Cela vous permet d’utiliser facilement les transports publics et encourage cette mobilité durable.
À partir des années 1980, Genève devient la scène privilégiée des révélations mondiales. Les constructeurs, qui privilégiaient auparavant leur salon national pour dévoiler leurs nouveautés, comprennent l’intérêt de présenter leurs modèles dans la neutralité suisse.
La presse internationale accorde une attention particulière et objective aux premières genevoises. Cela crée une caisse de résonance médiatique incomparable pour les marques automobiles.
Les années 1990 voient l’ajout de nouvelles halles. En 1987, la Halle 5 augmente la surface disponible de 30%. En 1995, la Halle 7 ajoute ses 16 000 m², principalement dédiée aux accessoires et équipements de garage.
Cette année-là, Genève acquiert un statut unique en devenant le seul salon automobile européen à se tenir annuellement. Pour des raisons financières, l’Organisation internationale des constructeurs d’automobiles contraint les autres expositions à adopter un rythme bisannuel.
| Année | Visiteurs | Événement marquant |
|---|---|---|
| 1905 | 17 000 | Première édition |
| 1924 | 68 000 | Première édition internationale |
| 1967 | 500 000 | Franchissement du demi-million |
| 1982 | 580 000 | Déménagement à Palexpo |
| 2005 | 747 700 | Record absolu |
| 2011 | 735 000 | Deuxième meilleur résultat |
Le nouveau millénaire confirme la puissance du salon genevois. En 2005, année du 100e anniversaire de la première édition, le salon établit son record absolu avec 747 700 entrées.
Les visiteurs se pressent pour découvrir en avant-première la Citroën C6 et l’Alfa Romeo Brera. Cette édition symbolise l’apogée d’une histoire centenaire et la force d’attraction intacte de l’événement.
Au fil des décennies, Genève a été le théâtre de révélations automobiles qui sont entrées dans la légende. En pratique, voici quelques-unes des icônes dévoilées au salon :
- 1966 : Lamborghini Miura, première supercar à moteur central, provoquant un choc visuel et technique
- 1977 : BMW M1 fascine le public
- Années suivantes : Porsche 959, McLaren F1, Bugatti Veyron, Pagani Zonda, Koenigsegg CC8S
Le salon n’est pas uniquement le domaine des supercars. Genève accueille aussi les innovations technologiques qui façonnent l’avenir de la mobilité.
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Dès les années 1990, des prototypes électriques y sont présentés. En 2012, Renault y dévoile la Zoe, sa citadine électrique destinée à démocratiser la mobilité propre.
Cette même année, le salon enregistre 11 680 journalistes venus de plus de 80 pays et 702 014 visiteurs qui découvrent 150 premières mondiales et européennes. Des chiffres qui donnent le vertige.
Cependant, les signes avant-coureurs d’un déclin apparaissent dès la fin des années 2010. En 2019, de nombreux constructeurs sont absents.
Jaguar, Land Rover, DS Automobiles, Alpine, Opel, Ford, Mini, Volvo, Infiniti, Hyundai, Cadillac, Tesla et Chevrolet déclarent forfait. Cette désaffection reflète une tendance générale touchant l’ensemble des grands salons européens.
Malgré tout, le salon genevois clôture son édition 2019 avec 602 000 entrées, confirmant une baisse de fréquentation de 9% par rapport à 2018. Les nuages s’accumulent au-dessus du salon suisse.
2020-2025 : COVID-19 et arrêt définitif
L’année 2020 devait marquer un tournant dans l’évolution du salon. Les organisateurs prévoient d’innover avec le GIMS-Discovery, permettant aux visiteurs d’essayer des voitures électriques pendant l’événement, et le GIMS-Tech, dévoilant les dernières innovations technologiques avec des startups de mobilité.
Près de 10 000 journalistes du monde entier sont attendus pour la journée presse. Mais le destin en décide autrement.
Le 28 février 2020, quatre jours seulement avant l’ouverture aux médias, le Conseil fédéral suisse prend une décision historique. Aucun événement réunissant plus de 1 000 personnes ne peut avoir lieu jusqu’au 15 mars. L’édition 2020 est annulée.
Il s’agit de la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale que le salon international de l’automobile de Genève n’a pas lieu. Imaginez la déception et les pertes financières considérables, tant pour les organisateurs que pour les constructeurs qui avaient investi dans leurs stands et préparé leurs révélations mondiales.
Les négociations pour le rachat de la marque avec Palexpo SA échouent à l’été 2020, menaçant l’avenir même du salon. Olivier Rihs, directeur de cette édition fantôme, quitte ses fonctions.
Sandro Mesquita prend la direction du salon le 1er mai 2020, face au défi colossal de faire renaître l’événement. Un sacré challenge, non ?
La situation sanitaire ne s’améliore pas suffisamment pour permettre la tenue des éditions 2021, 2022 et 2023. Pendant ces quatre années d’absence, le paysage automobile mondial se transforme profondément.
Les constructeurs développent de nouvelles stratégies de communication, privilégiant les événements digitaux et les révélations en ligne. La pertinence des grands salons physiques est de plus en plus questionnée.
En août 2021, face à cette incertitude, les organisateurs annoncent un partenariat avec Qatar Tourism. L’objectif est ambitieux : développer et accueillir le Geneva International Motor Show Qatar à Doha.

Cette décision marque un tournant dans l’histoire du salon et ouvre une nouvelle page au Moyen-Orient. Une stratégie audacieuse pour sauver l’héritage du GIMS.
Le 26 février 2024, Genève accueille à nouveau le GIMS pour célébrer le 100e anniversaire de la première édition internationale de 1924. Cette édition se veut un nouveau départ, une tentative de repositionner et de pérenniser le salon après quatre années d’absence.
Les organisateurs adoptent un format plus compact : sept jours d’ouverture au lieu de onze, avec l’espoir d’attirer 300 000 visiteurs. Cela vous permet de profiter d’une expérience plus concentrée et intense.
Le programme inclut une exposition exceptionnelle intitulée « 100 ans d’icônes », présentant 40 voitures emblématiques qui ont façonné l’histoire de l’automobile. La moitié avait été présentée en première mondiale à Genève.
Parmi ces joyaux figurent la Jaguar E-type 9600 HP, la Porsche 901 « Quick Blue » et la Ferrari 500 Superfast. Pour la première fois dans l’histoire automobile mondiale, les deux carrosseries de la Bugatti Royale châssis 41.111 sont réunies : la Roadster Esders et la Coupé de Ville Binder.
Cependant, la réalité est loin des ambitions initiales. L’édition 2024 se caractérise par un nombre restreint d’exposants : seulement 37, contre plus de 180 dans les années fastes.
La majorité des grands constructeurs européens brillent par leur absence, à l’exception notable de Renault. Luca de Meo, patron de la marque au losange, dévoile en première mondiale la nouvelle Renault 5 E-Tech Electric.
Il reçoit également le prix de « La voiture de l’année 2024 » pour la Renault Scénic E-Tech Electric. Une belle reconnaissance pour la marque française qui a fait le pari de maintenir sa présence.
Parmi les autres constructeurs présents, MG présente la première mondiale de sa MG3 Hybrid+ et expose son cabriolet électrique Cyberster. Le constructeur italien Kimera dévoile la EVO 038, version à quatre roues motrices de la EVO 037, développée avec l’aide de Miki Biasion, double champion du monde des rallyes.
Les stands sont également tenus par des associations liées au trafic routier et automobile. Au total, le salon ouvre ses portes à 168 000 visiteurs, auxquels s’ajoutent 2 000 représentants des médias accrédités et plus de 60 chaînes de télévision.
Le chiffre de fréquentation, bien que jugé suffisant par les organisateurs pour confirmer le retour de l’événement en février 2025, reste très éloigné des 747 700 visiteurs du record de 2005 ou même des 602 000 de l’édition 2019. L’écart est vertigineux.
Le 31 mai 2024, moins de trois mois après la clôture de cette édition du centenaire, le Conseil de la Fondation du Salon international de l’automobile de Genève annonce une décision qui met fin à 119 ans d’histoire. Il n’y aura pas de nouvelle édition à Genève.
L’édition 2025, initialement agendée du 24 février au 2 mars et annoncée en mars 2024, est définitivement annulée. Le couperet tombe, sans appel possible.
Dans son communiqué, le Conseil de Fondation constate qu’il existe des incertitudes trop nombreuses liées à l’industrie automobile et à la perte d’attrait des grands salons européens pour prendre le risque de se projeter dans l’avenir.
Alexandre de Senarclens, président du Comité permanent du Salon international de l’automobile, explique que cette décision extrêmement regrettable ne doit pas occulter tous les efforts déployés. L’équipe a tenté avec conviction de renouer avec le succès.
Sandro Mesquita, directeur général du GIMS, souligne que sans l’engagement et la conviction des équipes opérationnelles, il n’y aurait eu ni salon à Genève, ni salon à Doha. Les équipes ont mis toute leur détermination pour faire revivre cet événement après le COVID.
Mais les conditions de marché en Europe ne sont pas réunies pour la réussite des prochaines éditions. La Fondation sera dissoute et ses employés licenciés. Une fin brutale pour une institution centenaire.
Après plus d’un siècle d’existence, après avoir survécu à deux guerres mondiales et à plusieurs crises économiques, le Salon de Genève disparaît. La combinaison fatale d’une pandémie mondiale et d’une transformation profonde des stratégies de communication des constructeurs automobiles l’emporte définitivement.
L’avenir du GIMS : entre Qatar et Genève
GIMS Qatar et AutoXpérience
Alors que le rideau tombe définitivement sur le salon genevois, une nouvelle histoire s’écrit au Moyen-Orient. En août 2021, le partenariat annoncé entre le GIMS et Qatar Tourism se concrétise.
La première édition du Geneva International Motor Show Qatar se tient à Doha du 5 au 14 octobre 2023, en coïncidant stratégiquement avec le Formula 1 Qatar Grand Prix. Un timing parfait pour attirer les passionnés d’automobile.
Cette première édition qatarie dépasse les attentes des organisateurs. Le salon accueille 180 000 visiteurs durant dix jours, attire 30 marques et présente 12 premières mondiales.
Près de 1 000 journalistes venus de 50 pays différents couvrent l’événement. Alexandre de Senarclens se félicite d’un excellent bilan et d’une bonne caisse de résonance médiatique.
Le GIMS Qatar se déroule au Doha Exhibition & Convention Center (DECC), un centre d’exposition ultramoderne de 35 000 m² qui accueille les stands des constructeurs. Mais l’événement ne se limite pas à une simple exposition sous chapiteau.
Le concept développé à Doha transforme le salon en véritable festival automobile qui investit plusieurs lieux emblématiques de la ville et de ses environs. Cela vous permet de vivre une expérience immersive unique.
En pratique, le GIMS Qatar propose des expériences variées dans toute la ville :
- Événements de tout-terrain sur les dunes de sable le long de la magnifique côte qatarie
- Auto Village pour découvrir différentes facettes de la culture automobile
- Parade of Excellence qui défile sur le Lusail Boulevard
- Quatre journées exclusives sur le Lusail International Circuit juste après les champions de Formule 1
En partenariat avec le Qatar Auto Museum et Car Design News, le GIMS Qatar explore le futur du design automobile. Des discussions curatées examinent spécifiquement le potentiel de nouvelles directions audacieuses pour les voitures de luxe et les supercars.
Un programme riche d’événements planifiés, une programmation exclusive d’intervenants, des dialogues disruptifs et une réflexion transdisciplinaire encouragent la sortie des silos confortables de l’industrie. Une approche rafraîchissante qui bouscule les codes.
Le salon qatari joue la carte du faste avec d’anciennes gloires du football, des hypercars réservées à une élite fortunée et des prototypes spectaculaires. Les marques allemandes représentent dignement le vieux continent au milieu de constructeurs asiatiques majoritaires.
Cette première édition est jugée suffisamment réussie pour confirmer la pérennité de l’événement au Qatar. Sandro Mesquita souligne qu’il est satisfaisant de réaliser que les salons automobiles gardent leur attrait auprès des marques selon les régions du monde.
Le Salon de Genève a renforcé son appeal au Moyen-Orient. Pour le prochain festival consacré à l’excellence automobile, le GIMS Qatar peut continuer à s’appuyer sur le savoir-faire et les compétences reconnues des équipes qui ont initié et développé le concept.
La prochaine édition du GIMS Qatar est programmée pour novembre 2025 à Doha. Organisé tous les deux ans, l’événement se déroulera du 27 novembre au 6 décembre 2025 au Centre d’exposition et de convention de Doha et dans plusieurs autres lieux importants à Doha et aux alentours.
Les organisateurs maintiennent l’ambition de proposer une expérience immersive et sans précédent, réunissant les plus grands acteurs de l’industrie automobile dans une atmosphère festive. De quoi faire rêver les passionnés.
Pendant ce temps, à Genève, un nouveau chapitre s’ouvre pour l’automobile helvétique. Malgré la disparition définitive du GIMS, Palexpo accueillera bien un salon automobile en 2025, mais sous une forme radicalement différente.
Ce nouvel événement, baptisé AutoXpérience, se tiendra du 7 au 9 mars 2025. Une alternative locale au grand salon international disparu.
AutoXpérience est organisé par la branche genevoise de l’Union professionnelle suisse de l’automobile (UPSA) en partenariat avec Palexpo. Le format se rapproche davantage du Salon de Bruxelles dans son approche commerciale.
Bien plus resserré que le Salon historique de Genève, AutoXpérience durera seulement trois jours sur une surface réduite. Les ambitions sont également revues à la baisse.
Les organisateurs espèrent accueillir 10 000 personnes, un chiffre à mettre en perspective avec les quelque 700 000 visiteurs du GIMS dans ses années fastes, ou même les 168 000 de l’édition 2024. La différence d’échelle saute aux yeux.
Cette approche davantage axée sur le commerce et la vente directe semble néanmoins faire mouche chez les voisins belges. Concrètement, le Salon de Bruxelles a réuni plus de 300 000 personnes sur dix jours en 2025.
Les premières mondiales ne seront pas au cœur d’AutoXpérience. L’événement vise avant tout à permettre aux visiteurs de découvrir les modèles disponibles chez les concessionnaires locaux et de bénéficier d’offres commerciales attractives.
Cela vous permet de négocier directement avec les vendeurs et de profiter de conditions avantageuses. C’est un retour aux fondamentaux du salon automobile : créer un lien direct entre les constructeurs, leurs distributeurs et le public potentiellement acheteur.
La billetterie en ligne d’AutoXpérience ouvrira le 27 janvier 2025. Les organisateurs misent sur une formule concentrée, privilégiant l’efficacité et la proximité avec les visiteurs plutôt que le gigantisme et le prestige international qui caractérisaient le GIMS.
Cette double évolution illustre parfaitement la transformation du paysage des salons automobiles. D’un côté, le GIMS Qatar perpétue l’héritage du salon genevois dans sa dimension prestigieuse et internationale, avec ses révélations mondiales, ses supercars et son rayonnement médiatique global.

De l’autre, AutoXpérience adopte une approche régionale et commerciale, adaptée aux réalités économiques actuelles et aux attentes d’un public local. Deux visions complémentaires pour deux publics différents.
Informations pratiques
Pour celles et ceux qui souhaitent découvrir l’héritage du Salon de Genève sous ses nouvelles formes, voici les éléments essentiels à connaître pour organiser votre visite. Des informations concrètes pour planifier votre déplacement.
Le GIMS Qatar se tiendra du 27 novembre au 6 décembre 2025 à Doha. L’événement principal se déroule au Doha Exhibition & Convention Center (DECC), accessible depuis l’aéroport international Hamad en métro (ligne rouge, environ 20 minutes, neuf arrêts) ou en bus (ligne 777, également 20 minutes).
Des places de parking sont disponibles sur place pour ceux qui préfèrent venir en voiture. Cela vous permet de choisir le mode de transport qui vous convient le mieux.
Le salon est ouvert de 14h00 à 22h00 en semaine et de 10h00 à 22h00 les samedis. Les horaires peuvent varier selon le programme d’animations de la journée. Je vous recommande de vérifier avant votre visite.
Les visiteurs de plus de 95 pays bénéficient d’une exemption de visa ou d’un visa à l’arrivée pour se rendre au Qatar. Je vous recommande de vérifier votre éligibilité sur le site Visit Qatar avant votre départ.
La vente de billets est annoncée plus près de la date de l’événement. Surveiller les réseaux sociaux du GIMS vous permettra d’être informé dès l’ouverture de la billetterie et de profiter d’éventuelles offres préférentielles.
Au-delà du DECC, le GIMS Qatar propose des expériences automobiles dans toute la ville. Le Lusail International Circuit ouvre ses portes pour des journées exclusives, le Lusail Boulevard accueille le Parade of Excellence, et des événements de tout-terrain sont organisés sur les dunes côtières.
Cette dispersion géographique transforme votre visite en véritable immersion dans la culture automobile qatarie. Une expérience bien plus riche qu’un simple salon traditionnel.
AutoXpérience à Genève se déroulera du 7 au 9 mars 2025 à Palexpo, Route François-Peyrot 30, 1218 Le Grand-Saconnex. Le site reste facilement accessible depuis l’aéroport international de Genève, situé à proximité immédiate.
La gare CFF de l’aéroport permet de rejoindre Palexpo en quelques minutes. Les transports publics genevois desservent également le site d’exposition. Des parkings sont disponibles sur place, bien que l’affluence soit généralement moindre qu’aux grandes heures du GIMS.
La billetterie en ligne d’AutoXpérience ouvrira le 27 janvier 2025. Je vous conseille d’acheter vos billets à l’avance pour bénéficier de tarifs préférentiels et éviter les files d’attente sur place.
Les horaires d’ouverture seront communiqués prochainement par les organisateurs. Contrairement au GIMS qui s’étalait sur onze jours, AutoXpérience se concentre sur un week-end prolongé. Cela vous facilite l’organisation de votre visite si vous résidez en Suisse ou dans les régions frontalières françaises.
L’ambiance attendue sera radicalement différente de celle du GIMS historique. Plutôt que des premières mondiales spectaculaires et des stands gigantesques, vous découvrirez une approche plus intimiste et commerciale.
Les constructeurs et leurs concessionnaires locaux proposent des offres spéciales, des essais de véhicules et des conseils personnalisés. C’est l’occasion idéale si vous envisagez l’achat d’un véhicule dans les mois à venir.
Pour les passionnés d’histoire automobile, les archives du Salon de Genève restent accessibles. Le Geneva International Motor Show maintient un site web où vous pouvez explorer plus d’un siècle d’innovations et de révélations.
Des expositions temporaires célébrant l’histoire du salon sont également organisées dans différents musées automobiles suisses et européens. De quoi nourrir votre passion pour l’histoire automobile.
Si vous recherchez l’expérience la plus proche du GIMS historique, je vous recommande sans hésitation le GIMS Qatar. L’événement de novembre 2025 à Doha perpétue l’esprit du salon genevois avec ses premières mondiales, ses supercars exclusives et son rayonnement international.
Cependant, il nécessite un voyage au Moyen-Orient et un budget conséquemment plus important. À vous de peser le pour et le contre selon vos priorités.
Pour une découverte locale des nouveautés automobiles avec une dimension commerciale concrète, AutoXpérience à Genève représente une alternative accessible. Vous y trouverez les modèles disponibles immédiatement chez vos concessionnaires régionaux, avec la possibilité de négocier des conditions d’achat avantageuses.
L’atmosphère sera moins prestigieuse, mais l’approche pragmatique séduira certainement les acheteurs potentiels. Par exemple, vous pourrez essayer plusieurs modèles dans la même journée et comparer directement les offres.
Au-delà de ces deux événements, d’autres salons européens continuent d’exister. Le Mondial de l’Auto à Paris, le Salon de l’automobile de Francfort (désormais IAA Mobility à Munich) et le Salon de Bruxelles maintiennent leur programmation.
Chacun possède ses spécificités et son identité propre. La multiplication des salons régionaux reflète la transformation de l’industrie automobile et l’évolution des stratégies de communication des constructeurs.
L’histoire du Salon International de l’Automobile de Genève s’achève sur une note douce-amère. Après 119 ans d’existence, ce temple de l’innovation automobile a façonné notre rapport à la mobilité et créé des souvenirs impérissables pour des millions de visiteurs.
Son départ laisse un vide dans le paysage des événements automobiles européens, mais son héritage perdure à travers le GIMS Qatar et inspire de nouveaux formats comme AutoXpérience. La légende continue, sous d’autres formes.
Le nom de Genève résonnera toujours comme une référence dans l’histoire automobile mondiale, symbole d’une époque où découvrir les voitures de demain nécessitait de se déplacer physiquement. Toucher la carrosserie, sentir l’odeur du cuir neuf et rêver devant des machines exceptionnelles sous les néons des halls d’exposition. Une expérience irremplaçable que la génération digitale ne connaîtra jamais de la même façon.


