Vous envisagez l’achat d’une Dacia Sandero Stepway équipée du moteur TCe 90 ? Cette motorisation trois cylindres turbocompressée présente certaines fragilités mécaniques qu’il convient de connaître. Voici une analyse détaillée des principales défaillances rencontrées sur ce moteur 1.0 TCe 90, basée sur les retours d’expérience des propriétaires et les données de fiabilité disponibles.
Principales défaillances du moteur TCe 90
Fuites d’eau et joint thermostat : le piège à éviter absolument
Le joint de thermostat représente le talon d’Achille du TCe 90. Cette pièce de mauvaise qualité sur les premiers millésimes provoque des fuites d’eau importantes. Sans détection rapide, vous risquez la destruction du joint de culasse, voire une casse moteur complète.
Comment repérer ce problème ? Surveillez ces signes :
- Perte régulière de liquide de refroidissement
- Niveau d’eau qui baisse sans raison apparente
- Traces de liquide sous le véhicule après stationnement
- Surchauffe moteur lors de trajets longs
En pratique, vérifiez le niveau de liquide de refroidissement avant chaque trajet. Cela vous permet de détecter une fuite naissante avant qu’elle ne devienne catastrophique. Les modèles 2019 à 2021 sont particulièrement exposés à ce défaut.
Turbocompresseur : ce bruit qui coûte cher
L’actionneur de wastegate développe un jeu important avec les kilomètres. Résultat ? Des bruits métalliques caractéristiques entre 1 000 et 2 100 tr/min. Le bulletin technique Dacia 71538 identifie ce problème qui touche massivement les Sandero 3.
Ces bruits de ferraille ne sont pas qu’une nuisance sonore. Ils annoncent une usure prématurée du turbo et peuvent mener à son remplacement complet. Le coût ? Entre 1 500 et 2 000 € hors garantie.
Par exemple, de nombreux propriétaires rapportent ce bruit dès 20 000 kilomètres. Dacia refuse parfois la prise en charge sous garantie, considérant que le bruit n’affecte pas le fonctionnement.
Consommation d’huile et ratés moteur : quand le trois cylindres devient capricieux
Certains TCe 90 consomment jusqu’à 1 litre d’huile pour 1 000 kilomètres. Cette surconsommation dépasse largement les 0,5 litre normalement acceptables. Elle s’accompagne souvent de ratés moteur particulièrement gênants.

Ces ratés se manifestent dans quatre situations types :
- À froid au démarrage
- Lors des accélérations progressives
- En montée ou sous charge importante
- Après un arrêt prolongé
Concrètement, votre moteur perd de sa linéarité et devient imprévisible. L’utilisation du carburant SP95-E10 plutôt que du SP98 améliore le comportement selon plusieurs témoignages. Cela vous permet d’économiser quelques centimes tout en réduisant les symptômes.
Perte de puissance : quand l’électronique prend le contrôle
Le moteur peut basculer en mode sécurité sans prévenir. Cette limitation drastique des performances protège la mécanique mais vous laisse sur le bord de la route. Trois causes principales expliquent ce phénomène.
Le débitmètre d’air défaillant fausse les données envoyées au calculateur. Résultat ? Un mauvais dosage du mélange air-carburant qui dégrade les performances. Les injecteurs présentent également des faux contacts, générant des vibrations au ralenti.
L’encrassement progressif des soupapes d’admission complète le tableau. Ce phénomène typique des moteurs à injection directe s’accentue avec les trajets courts et la conduite urbaine.
Fiabilité par génération : tous les millésimes ne se valent pas
Sandero 2 vs Sandero 3 : l’évolution contrastée
La Sandero 2 (2012-2020) équipée du 0.9 TCe présente des problèmes similaires mais moins sévères. Les fuites du joint de thermostat restent courantes, mais les problèmes de wastegate touchent moins d’exemplaires. Cette génération bénéficie d’une meilleure maîtrise technique après plusieurs années de production.
La Sandero 3 apporte des améliorations notables en confort et équipements. Mais les premiers millésimes (2020-2021) souffrent de maladies infantiles importantes. Le système de turbocompression particulièrement pose problème.
Les données constructeur montrent une amélioration de 22% des interventions sous garantie après le premier semestre 2021. Cela vous permet de mesurer l’ampleur des corrections apportées par Dacia.
Le calendrier des améliorations : chronologie des corrections
Les millésimes 2020 et début 2021 concentrent le maximum de problèmes. Le système wastegate mal conçu, l’actionneur défaillant et les joints de mauvaise qualité caractérisent cette période sombre.
À partir de mi-2021, la situation s’améliore nettement. Les joints de thermostat ont été renforcés. Le problème de wastegate persiste, mais sa gestion électronique optimisée réduit les nuisances sonores.
| Période | Principaux problèmes | Niveau de risque | Taux d’intervention |
| 2020 – début 2021 | Wastegate, joints, embrayage | Élevé | +22% vs normal |
| Mi-2021 – 2022 | Wastegate atténué, ratés moteur | Modéré | Niveau standard |
| 2023+ | Problèmes résiduels | Faible | -15% vs 2020 |
Les signes qui ne trompent pas lors de l’achat
Privilégiez les modèles produits après juillet 2021 qui bénéficient des principales corrections. Cette date charnière marque l’application des bulletins techniques correctifs.
Pendant l’essai routier, tendez l’oreille entre 1 000 et 2 100 tr/min. Un bruit de ferraille caractéristique trahit un problème de wastegate. Testez également le comportement à froid et la progressivité de la montée en régime.
L’historique d’entretien révèle tout. Assurez-vous que les rappels constructeur ont été effectués. Vérifiez que les vidanges respectent les intervalles préconisés. Un carnet d’entretien complet constitue votre meilleure assurance fiabilité.
Autres défaillances qui plombent le budget
Embrayage : la facture qui fait mal au portefeuille
L’embrayage représente le poste de dépense le plus redouté sur la Sandero TCe 90. L’usure prématurée, amplifiée par le système Stop & Start, peut nécessiter un remplacement dès 30 000 kilomètres. Cela vous coûtera entre 1 200 et 1 900 €.
Comment détecter l’usure avant la panne ? Quatre signes ne trompent pas :
- Pédale devenue très dure ou très molle
- Difficultés pour passer les vitesses à froid
- Moteur qui monte dans les tours sans accélération
- Odeur de brûlé caractéristique lors des démarrages en côte
Par exemple, de nombreux propriétaires rapportent un patinage dès 25 000 kilomètres sur les versions Stop & Start intensivement utilisées en ville.
Petit rappel utile : fumée blanche au démarrage d’un diesel, signe à ne pas négliger.
Électronique capricieuse : quand la technologie déraille
Les bugs électroniques affectent régulièrement les Sandero 3. L’écran tactile présente des dysfonctionnements variés : redémarrages intempestifs, problèmes de connexion Bluetooth, interfaces qui se figent.
Le système Stop & Start génère des pannes récurrentes. Les décharges fréquentes de batterie, les messages d’erreur au tableau de bord et les difficultés de redémarrage caractérisent ces dysfonctionnements. Le système peut rester désactivé sans raison apparente pendant des semaines.
Les capteurs de stationnement et les aides à la conduite complètent ce tableau peu reluisant. Ces défaillances intermittentes nécessitent souvent des mises à jour logicielles coûteuses.
Encrassement EGR : l’ennemi silencieux du trois cylindres
La vanne EGR s’encrasse progressivement, surtout sur les véhicules citadins. Cet encrassement provoque des pertes de puissance, des à-coups moteur et une surconsommation de carburant.

En pratique, un nettoyage préventif tous les 30 000 kilomètres évite les pannes coûteuses. Les trajets autoroutiers réguliers maintiennent naturellement la propreté du système d’admission. Cela vous permet d’espacer les interventions techniques.
L’utilisation d’additifs pour carburant de qualité et le respect des intervalles de vidange constituent vos meilleures armes contre l’encrassement général.
Solutions et coûts : combien ça coûte vraiment ?
Le vrai prix des réparations hors garantie
La garantie constructeur de 3 ans ou 100 000 kilomètres couvre la plupart des défauts identifiés. Mais Dacia refuse parfois la prise en charge du turbo pour les problèmes de wastegate. L’argument ? Le bruit n’affecte pas le fonctionnement.
Hors garantie, préparez-vous à ces tarifs :
- Remplacement du turbo : 1 500 à 2 000 €
- Changement d’embrayage complet : 1 200 à 1 900 €
- Réparation des fuites de thermostat : 300 à 600 €
- Nettoyage du système d’admission : 150 à 400 €
Le remplacement de l’embrayage nécessite environ 6 heures de main-d’œuvre. Un garage indépendant peut vous faire économiser 30 à 40% par rapport aux tarifs concession.
Ce qu’en pensent vraiment les propriétaires
Les retours d’expérience révèlent des sentiments contrastés. Beaucoup apprécient l’économie d’usage et les prestations routières de la Sandero 3. Mais ils déplorent les problèmes de fiabilité sur les premiers millésimes.
Les propriétaires de modèles récents (2022+) affichent une satisfaction globale avec moins de problèmes techniques. Le bruit de wastegate, bien qu’atténué, reste présent sur 80% des exemplaires selon les forums spécialisés.
Comparée aux Renault Clio ou Peugeot 208, la Sandero Stepway TCe 90 offre un excellent rapport équipement/prix. Sa fiabilité se situe légèrement en retrait, mais les coûts d’entretien restent maîtrisés.
Faut-il craquer pour la TCe 90 ? Notre verdict
Pour les acheteurs sensibles à la fiabilité, privilégiez les millésimes 2022 et plus récents. Ces versions bénéficient des principales corrections techniques. Alternativement, orientez-vous vers la motorisation GPL ECO-G 100 qui présente moins de problèmes spécifiques.
Si vous visez un modèle d’occasion, évitez absolument les millésimes 2020-début 2021. Ces versions cumulent tous les défauts sans les corrections. Cela vous expose à des frais de réparation qui peuvent dépasser 3 000 € dans les pires cas.
La TCe 90 reste un choix pertinent pour qui cherche économie et performances modestes. Mais cette motorisation exige vigilance à l’achat et entretien rigoureux. En respectant ces précautions, elle peut vous offrir des années de service satisfaisant à coût maîtrisé.


