Équivalence entre ancien permis moto et nouveau permis : tableau et règles applicables

septembre 22, 2026

Vue depuis le guidon d’une moto en circulation sur une route dégagée, illustrant les catégories de conduite concernées par l’équivalence entre anciens et nouveaux permis moto

Vous avez passé votre permis moto il y a 20, 30 ou même 40 ans ? Bonne nouvelle : vos droits n’ont pas disparu avec les réformes. Le système français a connu plusieurs bouleversements majeurs – en 1980, 2011, 2013, puis 2020. Chacun a redéfini les catégories et leurs équivalences. Résultat concret : un conducteur peut légalement rouler avec des véhicules dont la catégorie n’existait même pas au moment de son examen. À condition de connaître les correspondances qui s’appliquent à son titre.

Quelles correspondances entre anciennes catégories et système actuel ?

Des brevets de conduite historiques aux permis A1, A2 et A

Avant le 1er mars 1980, les deux-roues motorisés se répartissaient en trois familles bien différentes de celles d’aujourd’hui.

  • Les cyclomoteurs de moins de 50 cm³, limités à 45 km/h, accessibles dès 14 ans sans permis.
  • Les vélomoteurs jusqu’à 125 cm³, accessibles dès 16 ans avec un permis A1 ou tout autre permis automobile.
  • Les motocyclettes, nécessitant un permis A spécifique avec code, maniabilité et circulation.

La réforme de 1980 a ensuite introduit un système à quatre catégories, lui-même remplacé par les A1/A2/A que l’on connaît aujourd’hui.

Concrètement, que dit l’article R221-8 du Code de la route ? Trois cas de figure principaux se dégagent.

  • Catégorie A obtenue avant le 1er mars 1980, ou catégories A2/A3 obtenues entre mars 1980 et décembre 1984 : équivalence avec toutes les motocyclettes, sans limite. C’est l’équivalent du permis A actuel.
  • Toute catégorie obtenue avant mars 1980, ou catégorie A1 obtenue entre 1980 et 1984 : équivalence avec les motos jusqu’à 125 cm³ et les motos légères, soit l’équivalent du permis A1 d’aujourd’hui.
  • Une licence de circulation délivrée avant le 1er avril 1958 ouvre les mêmes droits que la catégorie A1 actuelle.

Pour y voir plus clair, voici le tableau de correspondance :

Ancien titrePériode d’obtentionÉquivalence actuelle
Toute catégorie / licence de circulationAvant le 01/04/1958A1
Toute catégorie de permisAvant le 01/03/1980A
Catégorie A101/03/1980 – 31/12/1984A1
Catégories A2 ou A301/03/1980 – 31/12/1984A
Permis C, C1 ou C limitéAvant le 01/07/1990A1
Permis DAvant le 01/07/1990A1

Les droits acquis pour les permis obtenus avant les réformes européennes

Une règle domine tout le système : une réforme ne retire jamais rétroactivement des droits déjà obtenus. C’est le principe des droits acquis.

Il découle directement du droit européen. Les tableaux d’équivalence ont en effet été établis en application de l’article 13 de la directive du 20 décembre 2006 relative au permis de conduire, qui porte précisément sur ces droits acquis.

En pratique, cela vous permet de conserver vos prérogatives même si votre permis physique ne les mentionne pas sous leur appellation moderne.

  • Les permis délivrés avant le 19 janvier 2013 restent valables pour leurs catégories jusqu’au 19 janvier 2033 au plus tard.
  • Les équivalences s’appliquent en France même lorsqu’elles ne figurent pas sur le titre – c’est le cas du code restreint « 79 », que nous verrons plus loin.
  • Dès lors que la catégorie A1 est mentionnée sur le titre ou dans le fichier national des permis de conduire, elle est reconduite à chaque réédition. Même si elle avait été attribuée par erreur à l’origine.

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Un doute sur vos droits ? Mieux vaut demander un relevé d’information intégral en préfecture ou via l’ANTS, plutôt que de se fier uniquement à l’intitulé figurant sur le permis physique, qui peut être incomplet.

Comment conduire une moto légère avec un permis B ?

L’équivalence après une formation pratique de sept heures

Le permis B ne donne aucun droit sur une moto par défaut. Aucune équivalence, aucun avantage automatique. C’est une confusion fréquente, entretenue depuis l’instauration du code moto en mars 2020.

Une passerelle existe pourtant, strictement encadrée par l’article R221-8-II du Code de la route.

Concrètement, le titulaire du permis B depuis au moins 2 ans peut conduire une moto de 50 à 125 cm³ après une formation obligatoire de 7 heures en moto-école. Cette formation donne accès à la catégorie A1, sans repasser le code moto ni l’épreuve pratique.

Son périmètre reste toutefois limité : impossible de dépasser 125 cm³ avec cette seule équivalence.

  • Cette formation coûte généralement entre 200 et 350 €, contre 800 à 1 200 € pour une formation A1 complète.
  • Elle ne concerne que l’accès aux 125 cm³ : aucun droit sur les motos A2 ou sans limitation.
  • Les tricycles motorisés de plus de 15 kW, comme le Piaggio MP3 400, suivent une logique à part, détaillée plus bas.

Les exceptions selon la date d’obtention du permis auto

La date d’obtention de votre permis B change tout. Pourquoi ? Parce que plusieurs générations de règles coexistent encore aujourd’hui.

  1. Permis B obtenu avant le 1er mars 1980 : équivalence directe avec les motos légères, sans formation complémentaire.
  2. Permis B obtenu entre mars 1980 et janvier 2013 : la formation de 7 heures est requise, sauf dispense particulière.
  3. Formation déjà suivie après 2 ans d’ancienneté durant cette même période : équivalence acquise et définitive.
  4. Antécédents d’assurance : les conducteurs ayant pratiqué un véhicule L5e ou une moto légère durant les cinq années précédant le 1er janvier 2011 sont dispensés des deux conditions, sur présentation d’un justificatif de leur assureur.
  5. Permis B obtenu à partir du 19 janvier 2013 : aucune équivalence automatique. La formation de 7 heures reste le seul chemin vers l’A1, après 2 ans de détention du permis B.

Un dernier point mérite votre attention : en cas de duplicata pour perte ou détérioration, l’administration reporte parfois par erreur la date du duplicata au lieu de la date d’obtention initiale. Sur le papier, cela peut faire perdre le bénéfice d’une équivalence ancienne. La solution : faire rectifier le titre en préfecture, relevé d’information intégral à l’appui.

Quelles limites respecter en cas d’équivalence ?

Puissance et rapport poids-puissance : des seuils non négociables

Que l’on passe l’examen classique ou que l’on bénéficie d’une équivalence, les mêmes seuils de puissance s’appliquent à tous.

CatégoriePuissance maxRapport puissance/poidsÂge minimum
AM (ex-BSR)50 cm³, bridé à 45 km/h14 ans
A111 kW (≈15 ch), 125 cm³Inférieur à 0,1 kW/kg16 ans
A235 kW (47,5 ch)Inférieur à 0,2 kW/kg, issu d’un modèle ne dépassant pas 70 kW18 ans
ASans limiteSans limite2 ans après le A2 (+ formation 7h)

Autrement dit : un conducteur bénéficiant d’un droit A1 par équivalence – permis B et formation, ou ancien titre – reste soumis aux mêmes limites que celui ayant passé l’examen. 125 cm³, 11 kW, 0,1 kW/kg. Impossible d’y déroger sous prétexte d’un permis plus ancien.

Deux personnes circulent à moto sur une route bordée d’arbres, illustrant les différentes catégories de conduite concernées par l’équivalence des permis moto

Cas particulier des tricycles lourds – type MP3, catégorie L5e, plus de 15 kW : leur conduite nécessite un permis A détenu depuis un certain délai selon l’âge, ou un permis B de 2 ans assorti d’une formation spécifique. Les permis A1 et A2 seuls ne suffisent pas.

Validité du titre et démarches en cas de renouvellement

Deux logiques coexistent selon l’ancienneté du permis.

  • Permis délivrés avant le 19 janvier 2013 : valables jusqu’au 19 janvier 2033 pour leurs catégories, sans réédition obligatoire – sauf perte, vol ou détérioration.
  • Mentions codifiées : sur les titres sécurisés, certaines équivalences apparaissent sous forme de codes restreints. Par exemple, le code « 79 L5 : ≤ 15 kW » autorise les anciennes catégories A4, B, E(B) ou AT à conduire des tricycles dans cette limite de puissance.

Pour aller plus loin : décrypter les caractéristiques techniques entre confort routier et ADN piste

En cas de perte ou de vol, la démarche se fait uniquement en ligne, sur le site de l’ANTS.

  • Depuis le 1er septembre 2014, le renouvellement pour perte ou vol est payant : 25 €, plus une taxe régionale variable selon les départements.
  • Une attestation de perte téléchargeable, valable deux mois, permet de continuer à conduire en attendant le duplicata.
  • Le nouveau titre reprend en principe les catégories d’origine, à condition que le fichier national des permis de conduire les ait correctement enregistrées.

En cas de doute, un relevé d’information intégral avant toute démarche de duplicata reste le réflexe le plus sûr.